« Faire de la politique autrement », facile à dire ! Coopérative citoyenne de formations action, vers une Révolution citoyenne

Oser aller dans la rue, et y rester !

Espace public, niveau 1 :

INTENTIONS :

Aller dans la rue, créer du débat public
et de la rencontre politique.
Outils d’intervention directe : porteur de paroles,
panneaux mobiles, etc.
Prendre du plaisir et nous donner de la force en militant.

(minimum : 7h de formation sur une journée)

 

Il règne souvent un fatalisme et une impuissance à ne pouvoir sortir du cercle des gens déjà convaincus par nos idées. « On voit toujours les mêmes têtes à nos réunions publiques », « comment toucher ceux qui ne viennent jamais ? », « les gens sont vraiment égoïstes et individualistes », autant de phrases qu’on entend et qu’on formule dans les associations visant la sensibilisation citoyenne aux questions sociales et environnementales. Cette « misanthropie  militante » guette bon nombre d’entre nous, et est souvent aggravée par l’importance des enjeux que l’on souhaite soulever.

La démarche de l’intervention dans l’espace public trouve comme point de départ l’idée simple d’aller à la rencontre de ces gens, cette masse bizarre qui semble indifférente à toutes nos tentatives. Cette idée est séduisante : se réapproprier la rue comme lieu de débat public.

Mais rapidement plusieurs appréhensions émergent : « quelle légitimité avons-nous à déranger le passant ? Nous-mêmes sommes agacés par ceux qui veulent nous faire participer dans la rue : qu’a-t-il à me vendre ? On va encore me faire une leçon de morale, on va encore me faire culpabiliser de mon manque d’action face aux désastres annoncés pour la planète, etc.

Et puis nous ne sommes pas tous des orateurs capables d'haranguer la foule, ni des artistes pouvant captiver un public. Que faire alors qui soit à notre portée, et dans quel but ?

L’intervention dans l’espace public décline un certain nombre de « principes » de l’éducation populaire politique tels que nous les défendons :

 

  1. Questionner le sens.
    Pourquoi aller dans la rue ? Qu’est ce que j’attends de ce moment ? Est-ce que je veux sensibiliser, ou aller plus loin ? Ma posture se résume t elle à prêcher la bonne parole ? La sensibilisation suffit-elle pour amener à de la mise en marche, à de l’action collective, pour transformer la société ? Quelle différence avec de la manipulation ou de l’embrigadement ?

  2. Partir de soi, de nous, plutôt que de préjuger des autres.
    Nous aussi nous sommes des « gens ». Ce qui marche pour nous devrait fonctionner pour les autres, en tout cas ce qui nous fait fuir a peu de chances d’attirer les autres ! C’est par ce travail d’observation, mêlé à des travaux de sociologie critique et de psychologie sociale que le dispositif Porteur de Parole a été inventé.

  3. La rencontre inter personnelle est un déclencheur tout aussi (si ce n’est plus) puissant que l’idée politique en elle-même.
    C’est le cœur du Porteur de Paroles : favoriser une vraie discussion dans la rue. L’idée est de toucher moins de gens (qu’en distribuant des milliers de tracts, par exemple), mais de créer une vraie rencontre, créant un lien fertile et durable.

  4. Libérer la parole ne suffit pas.
    L’idée du Porteur de Paroles n’est pas de récolter des paroles, mais de mener des entretiens « conscientisants », pour décaler les personnes rencontrées de leurs réponses de première intention, et ne pas tomber dans une discussion « de comptoir ».

  5. Susciter et accompagner le désir d’action.
    Nous aborderons cette épineuse question en interrogeant la finalité du Porteur de Paroles.

  6. Agir, en donnant une large part au plaisir, plutôt que de (toujours) réfléchir.

Bien entendu, nous irons expérimenter le Porteur de Paroles dans la rue, « en vrai », à la rencontre des « vrais gens », plutôt que d’en parler autour d’une table.

 

  

Pour en savoir plus, l'article de Daniel Bordür raconte le déroulé d'une journée de formation niveau 1 :